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             Minuscule filament vert enroulé en spires, la spiruline mesure environ 0,5 mm. Selon sa provenance, elle est ondulée (Paracas-Andes) ou spiralée (Lonar-Inde). Ni végétales, ni animales, les cyanobactéries furent longtemps classées parmi les «algues bleu-vert» en raison des pigments bleus (phycocyanine) et vert (chlorophylle) qu’elles contiennent. Selon la théorie endosymbiotique, elles seraient à l’origine des plastes des cellules végétales.

Article « se nourrir d’invisible » :

http://www.crudilove.com/se-nourrir-dinvisible/[/vc_column_text]

 
          Apparues sur Terre il y a environ 3,5 milliards d’années, les cyanobactéries ont inventé la photosynthèse et de ce fait, ont contribué à la mise en place de la vie telle que nous la connaissons aujourd’hui, modifiant progressivement l’atmosphère par fixation du dioxyde de carbone (CO2), de diazote (N2) et libération de dioxygène (O2).
          Arthrospira platensis, plus connue sous le nom de spiruline, est un être vivant unicellulaire, microscopique et photosynthétique. Photo-autotrophe, elle transforme l’énergie solaire et le CO2 en matière organique. Particulièrement riche en pigments antioxydants (chlorophylle, phycocyanine, caroténoïdes et porphyrine), elle capte le rayonnement solaire disponible avec une vaste amplitude de longueur d’onde, ce qui lui confère un très haut niveau d’autonomie énergétique.
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Se nourrir d'invisible

À l’origine de la vie : la spiruline.

          Aujourd’hui, la spiruline vit à l’état naturel, dans les lacs saumâtres des régions subtropicales. Les populations ancestrales ont, dès l’origine, reconnu ses valeurs nutritives exceptionnelles, comme on peut l’observer dans la région du Kanem, située au nord-est du Tchad. Les femmes kanembous récoltent traditionnellement une bouillie verte à la surface de nappes d’eau natronées, puis font sécher des galettes de « dihé » à même le sable, afin de les conserver pour les vendre sur les marchés locaux.
         
         Ces populations se nourrissent essentiellement de boulettes de mil bouillies dans l’eau qu’elles trempent dans une sauce au dihé. La ration quotidienne de dihé dépasse rarement dix grammes pour chaque individu. Bien que vivant dans une zone désertique parsemée d’épineux, les kanembous sont connus pour vivre en meilleure santé et plus longtemps que les populations proches qui ne consomment pas le dihé.
         
         Si les peuplades ancestrales consommaient la spiruline de manière empirique, aujourd’hui de nombreuses études et publications scientifiques ont démontré ses qualités nutritionnelles et ses effets bénéfiques sur la santé. La FAO, Les Nations Unies, l’UNESCO, l’OMS ont déclaré la spiruline «aliment idéal du 21e siècle» et l’Agence Spatiale Européenne et la NASA l’ont intégrée au programme des futures stations spatiales.

UNE CULTURE TRÈS ÉCOLOGIQUE POUR L’HOMME ET POUR LA PLANÈTE

Pour faire face à une forte demande, des fermes de spiruline se sont créées un peu partout sur la planète. Elles produisent près de 8000 tonnes par ans, vendues dans les secteurs alimentaires, pharmaceutiques et cosmétiques.  En France, depuis 2001, environ 150 fermes de spiruline ont été créées, principalement dans le sud.

La culture de spiruline est très économe en terme d’investissement, d’eau et de surface. Seulement 1 à 2 m2 sont suffisants pour produire la dose journalière d’une personne (5 à 10 g). Elle se fait en bassin couvert et nécessite de l’eau, des sels minéraux, un apport d’azote (urée ou urine), de la chaleur (28-35°C), de la lumière et une agitation douce. Selon la latitude on peut la cultiver toute l’année ou seulement pendant la période la plus chaude et la plus ensoleillée. La culture de spiruline  nécessite 10 fois moins d’eau que toute autre production.

A titre de comparaison, son rendement protéique à l’hectare (30 à 50 tonnes) serait 250 fois plus élevé que celui de l’élevage bovin intensif (0,16 tonne) et 15 fois supérieur à celui du soja (2,5 tonnes).  De plus, sa culture nécessite 20 fois moins d’eau que n’importe quelle culture céréalière et 100 fois moins que l’élevage bovin intensif… des valeurs qui laissent rêveurs !

Ainsi, la « belle verte » n’a pas fini de nous épater. En effet, aucun traitement médicamenteux, antibiotique, vitaminique, insecticide, fongicide, herbicide, pesticide… ne sont nécessaires à sa culture. Bien sûr, il faut rester très vigilant sur la qualité de l’eau, des matériaux qui constituent le bassin et des intrants de culture. Les spiruliniers s’assurent notamment de l’absence de métaux lourds, pesticides, médicaments, produits chimiques, colles et sont en mesure de fournir des analyses si le consommateur le souhaite. Si elle est correctement menée, cette culture ne produit pas de rejet et n’émet aucun gaz à effet de serre (GES). Au contraire, elle contribue à purifier l’atmosphère en produisant de grandes quantités de dioxygène (O2) et en consommant environ 40 tonnes de dioxyde de carbone (CO2) par hectare et par an. A ce titre, elle participe au maintien de l’équilibre de notre environnement.

         
       Dépourvue de paroi cellulosique, la spiruline est parfaitement digeste crue, fraîche ou séchée à basse température (40°C). De nombreux tests nutritionnels ont prouvé la particulière biodisponibilité de ses micronutriments. Son impressionnante teneur en protéines, en lipides essentiels rares, en nombreux minéraux et vitamines, ainsi que sa vitesse de croissance élevée en milieu minéral, font de la spiruline un aliment particulièrement attractif.
       Bassin fab
UN ALIMENT TRÈS COMPLET, TRÈS ASSIMILABLE 
Exceptionnellement riche en protéines (60-70% du poids sec). Cette teneur exceptionnelle place la spiruline au 1er rang des aliments riches en protéines, bien avant le soja (35%), la viande (25%), les œufs (12%) ou les céréales (10%). De plus, les protéines de la spiruline sont biologiquement complètes, c’est-à-dire composées de tous les acides aminés essentiels qui représentent 47% du poids total des protéines.
A QUI EST-ELLE RECOMMANDEE ?
aux végétariens ou végétaliens, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux enfants et adolescents en pleine croissance, en périodes d’examens, aux seniors, aux femmes ménopausées, aux personnes malades ou affaiblies, aux personnes stressées, nerveuses, dépressives, en soutien de régime amincissant ou de sevrage, aux diabétiques, aux sportifs…

QUELS SONT SES EFFETS ?

La spiruline ne cesse de nous surprendre. Sa richesse en antioxydant (enzymes et pigments) fait de la spiruline une championne toute catégorie pour la réparation des dommages cellulaires ; elle nous aide à lutter contre le vieillissement cellulaire et les radiations, source de cancer. Sa teneur en fer très élevée en fait un aliment particulièrement efficace pour prévenir l’anémie.

Il n’est pas possible d’énumérer ici tous les effets de la spiruline tant ils sont nombreux, variés et dépendent de l’intérêt de chacun. Le sportif l’apprécie parce qu’elle augmente sa résistance pendant l’effort et raccourcit son temps de récupération, l’étudiant parce qu’elle favorise la concentration, stimule la mémoire, diminue le stress et la fatigue. Les personnes en surpoids parce qu’elle permet de diminuer le cholestérol, de réguler l’appétit et d’augmenter la masse musculaire… En général, les personnes qui en consomment observent une augmentation de vitalité, visible au niveau de la peau, des cheveux et des ongles.

Cultivée dans un milieu de culture dont le pH est proche de 10, donc très basique et grâce à sa très grande richesse en chlorophylle, la spiruline est un aliment alcalin qui aide à maintenir l’équilibre acido-basique des liquides intérieurs et participe donc à l’homéostasie.

Associée à un régime alimentaire végétal cru, la richesse des constituants de la spiruline et leur biodisponibilité permettent un métabolisme cellulaire optimal qui se traduit par une remise en forme générale appréciable dès les premières semaines de consommation régulière.

L’introduire dans l’alimentation quotidienne évite la majorité des carences et stimule les mécanismes d’épurations de l’organisme. Il en résulte une meilleure immunité naturelle.

Cette richesse nutritionnelle et sa digestibilité élevée en font un excellent prébiotique qui vient nourrir le microbiote, c’est à dire les quelques cent mille milliards de micro-organismes, essentiellement des bactéries et dans une moindre mesure des levures, que nous hébergeons dans notre intestin. Ils sont les garants de notre santé. En les nourrissant, la spiruline soutien leur croissance et leur diversité. A leur tour, ils favorisent l’assimilation de nos aliments et améliorent notre immunité.

LA SPIRULINE EST ELLE ``BIO`` ?

Comme l’explique le guide des allégations environnementales de 2012, le terme Bio fait référence à un mode de production règlementé et contrôlé par des organismes de certification reconnus par les pouvoirs publics. Produire bio signifie que l’on respecte un cahier des charges avec contrôle d’un organisme certificateur (Ecocert, Nature&Progrès). Pour le moment, il n’existe pas de cahier des charges officiel français permettant de certifier la spiruline selon le guide d’étiquetage des denrées alimentaires biologiques (CE n° 834/2007) et de donner le label « bio » aux spirulines françaises. Pourtant, on trouve bien des spirulines vendues en France, portant la mention « bio » ou « Organic ». Soit elles sont certifiées par un organisme privé non reconnu officiellement, soit elles proviennent de productions industrielles ayant protégé et rendu inaccessible leur mode de production. Cela complique le choix du consommateur qui peut toujours se renseigner sur la provenance et de demander le certificat bio. Pour palier à ce manque, l’association Spiruline & Progrès a initié la mise en place d’un comité technique d’adhérents de Nature & Progrès pour rédiger un cahier des charges et la Fédération des Spiruliniers de France en partenariat avec la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique (FNAB) élaborent un cahier des charges pour la certification en bio.

En attendant, la meilleure garantie de qualité reste de produire soi-même ou bien de rencontrer directement les producteurs.

COMMENT CHOISIR SA SPIRULINE ?

La spiruline se consomme crue, fraîche, si on s’offre le luxe de la cultiver soi-même ou de pouvoir aller la chercher chez un producteur, ou bien séchée à basse température (41°C maximum) pour conserver la majorité de ses propriétés nutritionnelles sans cuisson, ni conservateurs. Séchée, elle perd les 4/5ème de son poids.

Sèche, vous la trouverez sous 3 formes : en brindilles (spaghettis, paillettes) directement chez le producteur ou bien en comprimés, gélules ou poudre, en boutiques bio, magasins diététiques…

La forme « brindille » est la plus respectueuse des qualités nutritives de la spiruline, tandis que la poudre est sujette à l’oxydation.  Les comprimés nécessitent parfois l’ajout d’agents agglomérants et une étape de chauffage.

Attention :

– certains producteurs pratiquent des températures de séchage élevées (50-70°C) et d’autres la pasteurisent à 65°C pendant 20 min ; le produit final perd une bonne partie de sa qualité nutritionnelle et antioxydants. Il peut présenter une couleur foncée, une odeur et un goût plus prononcés d’algue qui rendent sa consommation moins agréable.

– certaines spirulines sont séchées par micro-ondes !

– lorsqu’il s’agit de spirulines importées, elles peuvent également être irradiées.

– il peut arriver de trouver des spirulines, dont on a extrait la phycocyanine, laquelle est très prisée par l’industrie pharmaceutique, cosmétique et agroalimentaire et se négocie jusqu’à 800 €/kg. On peut vérifier sa présence en faisant tremper la spiruline dans de l’eau ou en la posant sur un buvard humide. Après un moment, on voit apparaître la couleur bleu cyan,  caractéristique de la phycocyanine.

On voit bien ici qu’il faut être vigilant sur la qualité de la spiruline. Une spiruline de qualité présente une odeur très discrète, un goût agréable très légèrement salé et une couleur bleue-verte mate et lumineuse.

Chaque spiruline a un goût particulier, fonction de la souche, de l’eau, des conditions de cultures… A vous de choisir celle qui vous convient le mieux !

Il est préférable de choisir une production locale à taille humaine (100 à 700 m2), utilisant des intrants les plus naturels et pratiquant un séchage naturel à basse température de préférence en séchoirs solaires.

La spiruline paysanne française se commercialise entre 120 et 170 € le kilo soit une moyenne de 150 €/kilo. Bien que ce prix puisse sembler élevé au premier abord, il devient raisonnable une fois ramené à la consommation quotidienne soit 5-10g/jour/personne soit un coût de 0,70 à 1,50 €/jour pour couvrir la presque totalité de nos apports journaliers. Bien sûr, on trouve des spirulines importées moins chères, provenant souvent des pays les plus pauvres, parfois de productions mises en place par des ONG pour lutter localement contre la malnutrition et non pour l’exportation. En choisissant de les consommer, nous privons les populations locales d’un super aliment dont elles ont grand besoin et déstabilisons les marchés locaux ici et dans le pays d’importation.

QUAND ET COMMENT LA CONSOMMER

Il est conseillé de commencer progressivement : ½ cuiller à café par jour la première semaine, puis 1 la deuxième, puis 2  la troisième, soit environ 6 grammes.

Certaines personnes décrivent des désagréments qui surviennent au début de la prise (nausées, maux de tête, vertiges). Ils disparaissent au bout de 3 ou 4 jours et sont sans gravité. Ils sont le signe d’une détoxication de l’organisme, notamment aux métaux lourds. Ils sont en général évités si l’on commence la prise progressivement, car dans ce cas, la détoxication se produit en douceur.

Lorsqu’il s’agit de spiruline déshydratée, on veillera à l’associer avec des jus, des fruits et légumes crus ou à boire suffisamment au moment des prises.

Fraîche ou séchée en brindilles, la spiruline permet de préparer de savoureuses recettes. Sèche, on peut la saupoudrer sur tous les aliments, l’ajouter aux jus de fruits et légumes frais ou encore les réhydrater dans un peu d’eau, salée ou sucrée, puis l’utiliser comme fraiche. Sa puissante et lumineuse couleur verte donnera une très belle énergie à toutes vos préparations.

Afin d’optimiser l’assimilation du fer, il est intéressant de consommer la spiruline avec des aliments riches en vitamine C comme l’argousier, les graines germées, les aliments lacto-fermentés, le kiwi, les agrumes, la mangue, le fruit du baobab, le persil…

De plus, pour apporter les acides gras oméga 3 dont elle est dépourvue, on l’associera avec des aliments riches en oméga 3 : graines de lin, de chia (salva hispanica), noix de grenoble, graines de chanvre mais aussi les algues et le pourpier.

Pour calculer la dose quotidienne moyenne à ne pas dépasser, on s’intéresse à la richesse en purines (adénine et guanine). En effet, la dégradation des purines conduit à la formation de l’acide urique, insoluble. Une concentration trop élevée en purine provoque la goutte, c’est-à-dire des dépôts de cristaux d’urates au niveau des articulations ou du parenchyme rénal. Généralement, l’excès d’acide urique provient d’une consommation exagérée de nourriture azotée, donc riche en protéines,  ou d’une insuffisance hépatique à décomposer l’acide urique en urée et à filtrer ces toxiques, les laissant s’accumuler dans le sang.

L’adulte sain, suivant son alimentation, peut éliminer sans dommage 0.50 g de purines par jour pour un végétalien/végétarien ou 2g s’il a un régime carné. Dans les spirulines, les acides nucléiques (pyrimidiques + purines) représentent environ 5% du poids sec : on a donc approximativement 2,5 % de purines.

Chez un végétalien, la dose maximale journalière de spiruline sèche à ne pas dépasser sera obtenue pas le calcul suivant :  0.5/2.5 x 100 = 20 g

Selon les besoins particuliers, on peut donc consommer jusqu’à 20 grammes de spiruline sèche ou (100g de fraiche) sans risque de toxicité due à l’acide urique.

Il est donc plus que raisonnable d’en consommer 5 à 10 g/jour.

La spiruline est un aliment à part entière, probablement le plus complet et le plus digeste que l’on connaisse. A ce titre, on peut en consommer tout au long de sa vie, en respectant les doses préconisées ci-dessus. En raison de sa richesse nutritionnelle particulièrement élevée, on préfèrera la consommer le matin ou à la mi-journée ou plus tard si on souhaite rester éveillé.